Inspiré d’une série télé allemande très explicite racontant les aventures d’étudiants très libres, cette nouvelle relate la frustration d’une étudiante, Sidonie, après une brûlante aventure malheureusement avortée. Pourquoi son compagnon a-t-il fuit à l’instant de conclure ? La quastion va la hanter pendants des années !
— Alors, cette soirée ? Raconte !
Maggie, assise sur son lit, jambes pendantes, s’est penchée en avant : son regard écarquillé me scrute. Avide de savoir !
Je me sens un peu bête, mal à l’aise. Il n’est pas dans mes habitudes de parler de ce genre de choses, de sujets aussi intimes. En fait, je n’ai pas l’habitude de parler de moi. Surtout à une presqu’inconnue : cela ne fait que deux jours que j’ai intégré la coloc, deux jours que je dors dans la couchette tiroir du lit coffre de Maggie : les meubles commandés sur Internet par mes parents ne seront livrés que dans cinq jours ! Disponibles et livrables immédiatement annonçait le site, tu parles !
Elle est sympa Maggie : gaie, souriante, bavarde et décontractée. Vraiment cool ! Un chouïa trop peut-être pour moi. Dans l’appart, elle se ballade le plus souvent simplement en slip et t-shirt, mais c’est en fait le dress code en vigueur ici. Et bon, en définitive, elle est extrêmement sage en fait comparée à certains des quatre danseurs de la coloc : si Florian et Sandrine sont à peu près aussi décents que Mag, Victor, lui, traverse volontiers l’appartement à poil pour aller se doucher. Ou pour lézarder dans le canapé. Ou… en fait, il est quasiment toujours à poil !
Quant à la sculpturale Maryline, elle se contente régulièrement d’un string ultra minimaliste, (quand elle ne l’oublie pas…notamment lors de ses exercices sur la barre de pôle-dance : chaud show !) et elle vous promène sous le nez son ahurissante poitrine avec un air de supériorité princière. D’accord, c’est vrai que les températures sont élevées en cette mi-septembre, mais tout de même : pour quelqu’un de pudique comme moi, c’est un poil too much ! Bon, pour ne pas passer pour une oie blanche (que je suis !), j’ai adopté la tenue réglementaire mais Petit-Bateau et t-shirt opaques. Oh ma Doue (en breton dans le texte : mon dieu), si mes parents débarquaient un jour à l’improviste ! Nez à nez avec les nudistes ! Scandal in the bretonnante family !