Chroniques lexicales d’un monde presque tranquille

Paul A. Tian

📄 29 pages A4 🗓️ Publié le 6 juillet 2025 🎓 Ambassadeur Edition999
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Thème : Littérature

La quatrième de couverture

Umami, dramédie, capé, pair-aidance…
Et si les mots nouveaux disaient plus de nous que prévu ?
Dans ce recueil savoureux et décalé, Paul A. Tian prête sa plume à un monde moderne un peu bancal, souvent drôle, et infiniment humain.

La première page

Il y a des mots qu’on découvre comme des graines tombées d’un sac percé. On les trouve sur le trottoir, entre deux gestes pressés du quotidien, et on se dit : tiens, qu’est-ce que c’est encore que ça ? Capé ? Astriqué ? Umami ? Larmes de sirène ? C’est du sérieux, ça, ou juste une blague de linguiste en télétravail ?
Et puis on les garde. Pas tout de suite dans la bouche. Non. Dans un coin de l’esprit, comme on mettrait un bonbon dans une poche pour plus tard. Pour quand on aura le temps d’en goûter la musique.
Ces mots-là, du Larousse millésimé 2026, ne sont pas arrivés seuls. Ils sont venus avec leurs bagages : une trottinette électrique bardée de guirlandes, un coordinateur d’intimité en tongs responsables, un adolescent qui s’étouffe dans un banh bao en disant « j’ai juste eu un flash d’umami ». Ils sont entrés dans nos vies par effraction douce, comme le bruit du monde, ou une playlist de K-drama lancée par erreur dans un train régional.
Alors j’ai eu envie de jouer. Non pas de me moquer – même si parfois, il faut bien l’admettre, le ridicule effleure le sublime d’un revers de néologisme. Mais de regarder ces mots vivre, respirer, se planter un peu de travers dans le terreau de nos petites scènes quotidiennes. De leur inventer des visages. Une fête de village, un marché couvert, une salle de compost scolaire, une cafetière du dimanche matin.
Philippe Delerm, à qui j’adresse ici un clin d’œil admiratif et gourmand, a su capter les bonheurs minuscules. Ces chroniques, elles, essaient de saisir les absurdités douces de notre époque – non pas pour les corriger, mais pour les accueillir. Comme un lecteur sensible accueillerait une faute d’orthographe dans un poème si elle sonnait juste.
Vous trouverez ici des mots nouveaux qui n’en ont pas toujours l’air. Et des personnages qui vous rappelleront peut-être quelqu’un. Un AESH débordé, une PMR qui trace sa route en trottinette décorée, un adolescent astriqué, un dialogueur suisse ému par la pollution invisible… Tous un peu dépassés, mais heureux, à leur manière.
Ce recueil est un hommage modeste au langage qui déborde, au quotidien qui bégaye, à la tendresse des gens qui ne savent pas trop ce qu’ils font là, mais y sont quand même.
Bienvenue dans ce monde presque tranquille.

Biographie de Paul A. Tian

Né en 1950 aux confins du Sahara, j’ai vu mon destin profondément marqué par les tumultes de la guerre d’Algérie. C’est dans ce contexte troublé que ma vocation de journaliste et de photographe a émergé, guidée par un désir ardent de raconter des histoires humaines. Après un détour par le droit,...

Lire son interview — Paul A. Tian

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