Derrière la beauté sauvage du Moyen Atlas se cache parfois un défi.
En choisissant d’enseigner dans les montagnes reculées du Maroc, je me n’attendais pas à ce que ma vie devienne une leçon de survie. Face à l’isolement, aux rigueurs du climat et aux épreuves personnelles et professionnelles qui ont jalonné ma route, j’ai dû puiser au plus profond de moi-même une force insoupçonnée.
Ce livre est le récit poignant d’une femme face à son destin. Une biographie bouleversante qui raconte le prix du sacrifice, mais aussi la beauté de la transmission et l’indomptable pouvoir de la résilience.
L’automne, qui s’approchait en douceur, les amandiers vêtus de leurs feuilles caduques, nous soufflaient leur leçon de résilience et d’adaptation.
Dans l’air flottait cette saveur douce-amère, qui réveillait en nous des souvenirs éparpillés, presque oubliés.
Plongées dans la simplicité de ces gens, émerveillée même de leur hospitalité, nous étions toutes les trois devant ce beau tableau sans retouche, ni filtre, entourées des élèves qui nous ne lâchent pas des yeux, semblaient heureux, plein d’énergie, en courant par tout, en riant aux éclats de nos sourires. Alia, Najima et moi, trois mousquetaires dans le désert du Moyen Atlas.
Une nature amazighe, qui chante l’histoire des Premières Nations au Maroc et qui est propagée dans tout le Maghreb, comme un écho égaré dans le temps, et retrouvé finalement.
Les Amazighs, ces racines vivantes, ces premiers pas humains gravés dans l’argile du temps au nord-africain bien avant les frontières et les royaumes modernes, ils habitaient déjà l’Atlas, le Rif, le Sous, et le Sahara, tissant une civilisation libre, même le mot amazigh signifie « l’homme libre » et ce n’est pas un hasard, leur histoire est faite de résistance, et de sagesse, ils ont communiqué avec les Phéniciens, les Romains, les Arabes et les Africains subsahariens sans jamais perdre leur vérité, leur langue tamazight, et leur appartenance à cette terre qui dit beaucoup, mais peu savent écouter.
Ils étaient alliés de la nature, enfants fidèles de la terre, le soleil, et aux forces agricoles, ils pratiquaient même des rites de fertilité.
La langue amazighe, existe sous plusieurs formes (tachelhit du Sud, « tarifit du Nord », et « tamazight du Moyen Atlas » et là je parle seulement du Maroc, le grand Maghreb a ses mots à dire en ce qui concerne cette richesse d’appartenance linguistique.
Leur culture est un livre ouvert, les tatouages traditionnels, les bijoux en argent, les tapis tissés comme de beaux tableaux, la musique « Ahwach et Ahidous » ont un sens profond de l’hospitalité.
Leur organisation sociale reposait souvent sur « la Jemaâ » une assemblée démocratique locale, sévère parfois, mais sage, le consensus basé sur du respect.
Longtemps marginalisés, les Amazighs retrouvent enfin une reconnaissance à ne pas nier au fil du temps au Maroc. Leur langue berbère est standardisée par (l’Institut Royal de la Culture amazighe), avec un alphabet nommé « TIFINAGH » composée de trente-trois caractères « lettres ».