Bel-ami
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Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
Protection des œuvres
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de
cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.
Comme il portait beau par nature et par pose d’ancien sousofficier,
il cambra sa taille, frisa sa moustache d’un geste militaire
et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard rapide et
circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s’étendent comme
des coups d’épervier.
Les femmes avaient levé la tête vers lui, trois petites
ouvrières, une maîtresse de musique entre deux âges, mal
peignée, négligée, coiffée d’un chapeau toujours poussiéreux et
vêtue toujours d’une robe de travers, et deux bourgeoises avec
leurs maris, habituées de cette gargote à prix fixe.
207040935X
Le jour tombait dans le vaste atelier par la baie ouverte du plafond. C’était un grand carré de lumière éclatante et bleue, un trou clair sur un infini lointain d’azur, où passaient, rapides, des vols d’oiseaux.
On allait là, chaque soir, vers onze heures, comme au café, simplement. Ils s’y retrouvaient à six ou huit, toujours les mêmes, non pas des noceurs, mais des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l’on prenait sa chartreuse (…)
Il y a deux manières de se rendre compte de l’existence de ce livre. Ou il y a eu, en effet, une liasse de papiers jaunes et inégaux sur lesquels on a trouvé, enregistrées une à une, les dernières pensées d’un misérable ;