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Mantoue des Gonzague, Florence des Médicis, la Renaissance de ce XVIè siècle est en pleine effervescence. Les cours s’échangent aussi bien des oeuvres d’art que les artistes qui les ont produites. L’art comme instrument de la diplomatie. Témoin du goût mais aussi de la richesse de ces princes, l’oeuvre d’art sert aussi à asseoir les alliances entre les grandes familles. Dans les ors des palais, un jeune musicien, talentueux, créatif, ambitieux et fin diplomate, Alessandro Striggio se fait une place enviable. Ses voyages à travers l’Europe de cette époque, rude, violente, sans pitié, mais aussi nourrie des idées humanistes et magnifiée par les chefs d’oeuvres qu’elle a engendrés, l’entrainent, parfois au péril de sa vie, à côtoyer tous les « grands » de cette époque. Qu’a-t-il fait pour en arriver là ? Outre des motets et des madrigaux, il a écrit une messe « parodique » qui surpassera en beauté et en créativité tout ce que l’on avait pu entendre jusqu’alors. Un pur chef-d’oeuvre qui traversera les frontières avant de tomber dans l’oubli et d’être récemment redécouverte. Un exemplaire retrouvé de la messe et quelques lettres publiées de Striggio, constituent la trame de ce roman qui déroule l’histoire de cette musique, de son auteur et de cette époque.
Mantoue - février 1592
« Je sens que je vais bientôt mourir. Pour l’amour de la Très Sainte Vierge Marie, donnez-moi de l’air, j’étouffe. »
Tandis que deux domestiques, en livrée bleue et safran aux armes du marquis, s’affairaient à ouvrir les lourds volets à clairevoie que l’on avait fermés pour éloigner du malade les bruits incessants de la via Broletto et de la toute voisine piazza delle Erbe, Alessandro s’agrippait à ses draps de satin crème, pour tantôt les remonter sur son visage, tantôt les repousser d’un geste nerveux et inutile. La courtepointe de damas brodé, sensée lui tenir chaud, venait de tomber au pied du lit. Les deux levrettes italiennes, maigres et frissonnantes, s’étaient précipitées pour s’y blottir, non sans l’avoir au préalable flairée pour y retrouver l’odeur de leur maître. Rassurées, elle fermaient, elles aussi, les yeux comme pour s’endormir. Le va et vient des serviteurs ne les perturbait guère, même si, de temps en temps elles ouvraient un oeil distrait, comme indifférent à ce qui se passait autour d’elles. Leur maître allait bientôt mourir, en cette triste journée du 29 février de l’année 1592. Le sentaient-elles ?

Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l’Évêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité. Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le (…)
« Mon rêve, à moi, a toujours été d’être un honnête homme ! fit Petit-Bon-Dieu en jetant un coup d’œil du côté des gardes-chiourme qui, revolver au poing, se promenaient entre les cages. – Pour quoi faire ? demanda Gueule-de-Bois. – Pour quoi faire ? Pour (…)
Il y a cent ans, le Sage écrivait ceci en tête de Gil Blas : « Comme il y a des personnes qui ne sauraient lire sans faire des applications des caractères vicieux ou ridicules qu’elles trouvent dans les ouvrages, je déclare à ces lecteurs malins qu’ils (…)