Thème : Biographie

La quatrième de couverture

Le roi Louis XV règne depuis vingt-deux ans lorsque Etiennette Le Marquis voit le jour en 1737 à Dinan en Bretagne. Elle a été abandonnée par sa mère sur les marches de l’église comme bien des filles engrossées par des marins de passage puis adoptée par la modeste famille Le Marquis. La petite Etiennette apprend à lire et à écrire au couvent des Ursulines avant de s’en échapper pour aller à Paris vendre ses charmes.

La première page

Etiennette se regarde dans une glace du cloître. Elle se trouve jolie. La nature l’a en effet gratifiée d’une jolie frimousse. Ses longs cheveux couleur d’épis de blé recouvrent sa robe de serge grise d’où pointent déjà quelques rondeurs.
Ses pensées sont ailleurs. Sa mère vient de lui annoncer qu’elle va quitter le couvent avec son frère pour se rendre à Paris chez une parente.
Après tout elle a treize ans et ne se sent pas l’âme d’une religieuse. Au plus profond de son être Etiennette sait qu’elle s’en sortira. Ne sait-elle pas lire l’évangile ? Dans le dortoir à la lueur d’une chandelle elle dévore des ouvrages qu’elle a chapardés dans la bibliothèque où elle aime farfouiller. Il y a des missels comportant des gravures qui représentent le démon avec des cornes. Ce démon qui rode toujours autour des jeunes filles disent à longueur de journée les sœurs. C’est pourquoi chaque semaine à confesse il faut libérer sa conscience auprès de Monsieur l’abbé ! Ce dernier dans ses prônes du dimanche ressasse qu’il faut être comme Sainte Ursule, vertueuse, et qu’ainsi les « Ursulines » seront protégées, et, s’adressant à celles qui ne se destinent pas à être nonnes, elles feront alors, il en est certain, un bon mariage !
De toute façon Etiennette n’a pas d’amies au couvent. Les filles qui ne sont pas pensionnaires sont pleines de morgue et méprisantes parce que leurs parents sont armateurs à Saint-Malo ou riches drapiers Dinaudois et les autres n’ont le nez que dans leur paroissien.
Chaque jour, toutes se lèvent au son de la cloche et quittent le dortoir comme des ombres à moitié endormies, se débarbouillent, vont à la messe et sous la férule d’une sœur revêche se dirigent vers le réfectoire.
Les sœurs sont beaucoup plus sévères avec celles que l’on destine au noviciat.
Au réfectoire, les pensionnaires ne se mélangent pas avec les petites demoiselles bourgeoises. Elles ne bénéficient pas du même régime. En effet midi et soir, elles n’ont droit qu’au triste bouillon de fèves, de raves ou de choux sur lequel nagent un minuscule morceau de lard rance et un quignon de pain rassis. Le dimanche et lors des grandes fêtes religieuses, on leur octroie de la poule ou du poisson. Sur les tables des externes, il y a du beurre salé et ces demoiselles ont droit à des potées, des crêpes et même à des pains d’épices.

  

Biographie de Guy Martignon

Auteur de divers livres historiques ayant trait à la commune où je suis né, Villemomble, et à l’Ile de France. Président Fondateur des "Amis du Château Seigneurial de Villemomble et du patrimoine Villemomblois"

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2 discussions

  • 1er mars 2021, par Champion

    On goûtera au fil des pages les charmes du temps des Lumières, la société du Duc d’Orléans et l’histoire romanesque de cette petite Bretonne abandonnée devenant au fil du temps, non seulement une courtisanne mais une dame qui va devenir l’égérie de nobles personnages et la propriétaire des terres d’une importante seigneurie dépendante du Roi. dans un siècle contrasté qui va connaître la douceur de vivre avant de se terminer sous la tutelle de tyrans sanguinaires ! C’est aussi un bel ouvrage sur la petite histoire du XVIIIe siècle.

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  • 27 juin 2020, par Bailly

    Un enfant abandonné à Dinan devient une princesse. C’est une belle histoire. Ce récit montre en effet qu’ avant la Révolution Talleyrand avait raison d’écrire "Qui n’a pas connu la France avant la Révolution, ne sait pas ce qu’est la douceur de vivre"

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