Ce roman est une plongée au cœur des pérégrinations existentielles d’Hervé, un jeune camerounais sans emploi domicilié dans un quartier populaire de Yaoundé et qui, à travers son parcours et celui des gens dont il croise le chemin, nous donne à entrevoir le quotidien dans un univers haut en couleur, jusqu’à ce que le narrateur finisse par trouver sa voie.
Quelque chose l’avait réveillé. Quoi exactement ? Il n’aurait su le dire.
Était ce la famine qui lui tenaillait l’estomac, lui cisaillait les viscères, lui donnant l’impression qu’un oursin faisait du yo-yo dans son ventre, ou que ses intestins étaient devenus de multiples nœuds qu’un sadique génie prenait un malin plaisir à serrer toujours plus fort ?
Était ce le grondement sourd de la ville, un peu plus perceptibles au petit matin ou alors était-ce les aboiements des multiples chiens errants auxquels répondaient les cris avinés des alcooliques du quartier déjà nombreux dans les "clubs odontol" malgré l’heure surement matinale ?
Était-ce les légions moustiques supersoniques au chant aussi bruyant que des réacteurs d’avions nullement inquiétés par la moustiquaire prétendument imprégnée qui semblait les attirer au lieu de les repousser ?