Les Vagabonds du rail
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Quelque part dans l’État de Nevada, il existe une femme à qui j’ai menti sans vergogne pendant deux heures d’affilée. Je ne cherche point ici à faire mes excuses, loin de là ! Je désire seulement m’expliquer. Hélas, je ne connais pas son nom, encore moins son adresse actuelle. Si, par hasard, ces lignes lui tombent sous les yeux, j’espère qu’elle voudra bien m’écrire.
Je me trouvais à Réno durant l’été de 1892, à l’époque de la foire. La ville était infestée de malandrins et de clochards, sans parler d’une horde affamée de Hoboes, qui rendaient cette cité inhospitalière. Ils frappaient si souvent aux portes des maisons que les habitants finissaient par ne plus leur répondre.
Pour ma part, je me passai de plus d’un repas. Cependant je courais aussi vite que les autres au moindre bruit de porte qu’on ouvrait pour nous tendre de la nourriture, pour nous inviter à table ou nous offrir un cent.
À cette époque je battais tellement la dèche qu’un jour, dans une gare, après avoir évité un employé, je pénétrai dans le compartiment réservé d’un millionnaire au moment où le train démarrait. Je m’avançai résolument vers le richard, tandis que l’employé, à un pas de moi, essayait de m’atteindre : j’interpellai le millionnaire à l’instant où mon poursuivant sautait sur moi. Mais je ne m’attardai point en politesses :
« Donnez-moi un quart pour manger ! » hurlai-je.
Aussi vrai que me voici, l’homme plongea sa main dans sa poche et me tendit… exactement… un quart. Ma demande l’avait abasourdi à ce point qu’il m’obéit machinalement : depuis, j’ai toujours regretté de ne point lui avoir réclamé un dollar ; je l’aurais sûrement obtenu.
Les facultés de l’esprit qu’on définit par le terme analytiques sont en elles-mêmes fort peu susceptibles d’analyse. Nous ne les apprécions que par leurs résultats. Ce que nous en savons, entre autre choses, c’est qu’elles sont pour celui qui les possède à (…)
Ce qu’il y a de sûr, c’est que la petite chatte blanche n’y fut pour rien : c’est la petite chatte noire qui fut la cause de tout. En effet, il y avait un bon quart d’heure que la chatte blanche se laissait laver la figure par la vieille chatte
Le village fut terrifié. C’était un dimanche. Les paysans de Saint-Nicolas et des environs sortaient de l’église et se répandaient à travers la place quand, tout à coup, des femmes, qui marchaient en avant et tournaient déjà sur la grande route, (…)